29.8.17

Un mannequin de couture à mes mesures… enfin !

Avoir un mannequin de couture qui reflète parfaitement ses mensurations et sa posture, n’est-ce pas là le rêve de toute couturière ? Finis les résultats décevants à l’ajustement approximatif, finies les séances d’essayage galères où l’on se contorsionne tant bien que mal pour épingler des zones difficilement accessibles seule ou encore finies les soirées couture où l'on fonce tête baissée, dans le déni total, en se disant qu’en cousant une taille standard, « ça devrait passer »…
Il suffit de voir les tutos disponibles sus le web pour comprendre que beaucoup ont déjà essayé de fabriquer le Graal : un mannequin fait maison. Eh bien, moi aussi, cela faisait très longtemps que j’en rêvais. Je ne suis jamais rentrée dans les standards. Je suis plutôt grande (1m78), mes mensurations ont toujours été éparpillées entre différentes tailles et quelques kilos superflus n’ont fait qu’empirer les choses ces derniers mois. 42 pour la poitrine, 44 pour la taille et 48 (!) pour les hanches, ce n’est pas toujours facile à gérer… Jusqu’à il y a peu, je fonctionnais à tâtons en bidouillant sans grand succès. Mais voilà, un beau jour, j’en ai eu marre de gâcher un temps libre précieux en coutures qui, terminées, ne m’allaient guère mieux que les vêtements du prêt-à-porter. À quoi bon ?

J’ai donc commencé à me renseigner sur les méthodes d’ajustement de patrons. En fait, c’est vraiment mon obsession du moment ! J’ai lu plusieurs bouquins sur le sujet et j’ai trouvé pas mal de solutions aux soucis que je rencontrais régulièrement mais une fois le moment venu de les mettre en pratique, je me heurtais à un problème de taille : je ne peux pas me dédoubler : être à la fois modèle et retoucheuse est tout bonnement impossible ! Alors bien sûr, j’ai la chance d’avoir une maman couturière à qui je pourrais demander de l’aide mais primo, je n’ai pas toujours la patience d’attendre de faire la route jusqu’à chez elle quand j’ai envie de commencer un projet, secundo, en insupportable perfectionniste, je finis toujours par râler, frustrée qu’elle ne procède pas comme je l’aurais fait. Du coup, ça finit toujours en énervements…

Bref, me faire un mannequin personnalisé est devenu ma priorité. Si vous aussi, vous voulez vous y mettre, je partage avec vous mes expériences ! Car oui, j’ai presque tout essayé J ! Pour chaque solution, je vous donne mon avis, mes conseils, les tutos que j’ai testés et une estimation du coût.

(Petit aparté : pour ce projet, je ne me suis mis aucune limite. Ce mannequin personnalisé m’était indispensable pour poursuivre ma passion (c’était ça ou j’abandonnais, j’en avais vraiment marre). Vous remarquerez que même si ce sont des solutions DIY, certaines sont assez coûteuses quand on additionne le coût de tout le matériel…On arrive vite à 100 €. C’est un budget mais je pense que ça en vaut la peine…)

Alors quelles sont les différentes options pour fabriquer son propre mannequin de couture ?

1. Modifier un mannequin standard
Source
Comment ? On ajoute des bandes d’ouatine ou des mousses genre épaulettes sous une housse en jersey. J’ai bien essayé de modifier mon mannequin taille 44 mais j’ai vite abandonné pour les raisons suivantes…

Inconvénients :
-  Il n’est pas facile d’arriver à la mesure correcte
-  On ne peut forcément qu'ajouter des centimètres et pas en retirer...
-  On ne peut de toute façon pas modifier les hauteurs de poitrine, de taille et de hanches…
Néanmoins, si vos mesures sont très proches d’un standard, ça peut être une bonne solution.

Tutos (non testés) : 
celui-ci ou celui-ci par exemple trouvés sur Pinterest 
ce cours Craftsy
- ce système payant qui semble assez efficace

2. Acheter un mannequin ajustable
Source
Comment ? Concrètement, vous pouvez régler à l’aide de roulettes tours de poitrine, de taille et de hanches : des cerclages métalliques intérieurs permettent d’écarter les morceaux du mannequin pour obtenir les mesures souhaitées. J’ai eu l’occasion de tester celui de ma maman, un Singer.

Inconvénients :
-         On ne peut modifier les mesures que dans une fourchette limitée de centimètres. Dans mon cas, si je prenais un mannequin 34/44, je ne pouvais pas aller jusqu’à mon tour de hanches (119 ! oui, vous avez bien lu) et en prenant la taille au dessus, je me retrouvais avec un tour de poitrine minimum plus grand que le mien…
-          On se retrouve avec des trous aux milieux dos et devant.
-         On ne peut pas régler la hauteur de poitrine

Coût : environ 130-150 €

3. Réaliser un mannequin en scotch
Source
Comment ? Vous enfilez un vieux t-shirt et un legging ou des bas à sacrifier et un gentil assistant (mari chéri était ravi…) vous emballe dans du scotch en essayant de coller au mieux à vos formes. Une fois l’ « emballage » terminé, votre assistant vous libère en coupant le milieu dos que vous recollez ensuite. Après avoir obturé les trous du cou et des bras, vous remplissez ce « moule » avec de la mousse polyuréthane (vous savez cette mousse qui gonfle très fort qu’on trouve en magasin de bricolage).

Inconvénients :
-      Il faut savoir rester immobile dans une posture naturelle pendant au moins 1h (tout dépend de la motivation de votre assistant ;) )
-        Vous vous retrouvez avec un mannequin pas très joli et il n’est pas facile d’y piquer des épingles (le scotch est difficile à percer, de plus votre épingle ressortira probablement un peu collante : il y a donc des risques  de tâcher les vêtements). Bien entendu, vous pouvez coller de l’ouatine dessus et coudre une housse mais vous risquez d’ajouter des épaisseurs et vos mesures ne seraient plus correctes.
-      Il est difficile de prévoir à quel point la mousse va gonfler. Il vaut mieux procéder par petites couches et laisser sécher entre les coups. Dans mon cas, Mamoureux avait un peu trop serré le scotch au niveau de la poitrine : elle paraissait écrasée. Une fois la mousse complètement durcie, je me suis rendu compte que mon tour de taille par exemple était plus grand… je me demande si ce n’est pas parce que nous n’avons pas mis assez de couches de scotch, du coup, la mousse en gonflant a étiré le moule qui n’était pas assez rigide. Il était donc inutilisable… 1er raté…

Mes conseils 
- Bien mettre plusieurs couches de scotch pour éviter ma déconvenue. Pourquoi ne pas utiliser une couleur de scotch différente par couche histoire de bien voir les zones qu’on a oubliées ?
- Ne pas serrer ! Il faut qu’on voie l’arrondi de la poitrine, de la taille, des hanches, des fesses… dans ces zones, placer les bandes en oblique
- Remplir le moule en plusieurs fois en laissant bien sécher entre les couches.
- Ne pas oublier d’ajouter votre pied si vous en voulez un avant le remplissage.
- Certains tutos n’utilisent pas de la mousse polyuréthane mais du papier journal ou du rembourrage pour coussin : je pense que ce sont de bonnes alternatives car on évite ainsi de trop détendre le moule. On peut vérifier les mesures au fur et à mesure du remplissage
- Si vous tenez à utiliser de la mousse polyuréthane, jetez un œil dans les magasins discount, c’est beaucoup moins cher qu’en magasin de bricolage (2,49€ chez Action contre 6,50€ chez Brico).
Ne faites pas comme moi, arrêtez-vous aux épaules. Je croyais bien faire en moulant les épaules entières et le haut de mes bras, mais à la réflexion, ce n’est pas du tout pratique pour enfiler des hauts ajustés à votre mannequin (eh oui, vous, vous pouvez lever vos bras, pas lui J).

Tuto : celui-ci sur Pinterest

Coût : 27€ sans pied, ni housse
- 3 rouleaux de scotch : 3 x 2.50€
- 3 bombes de mousse polyuréthane : 3 x 6.50 €
- à ajouter : tuyau pvc pour le pied + tissu et ouatine pour la housse

4. Réaliser un mannequin à l’aide d'un moulage en plâtre
Source
Après mon 1er échec, je suis tombée sur cet article grâce à Pinterest : cette fille a réussi à faire un mannequin vraiment très réaliste (il en fout presque la trouille J ). J’ai donc tenté le coup…

Comment ? Même principe que pour le scotch mais attention à bien protéger votre peau avec de la vaseline ou tout autre corps gras. Votre assistant utilise cette fois des bandes plâtrées : il faut les couper en morceaux d’environ 10-15 cm et les tremper dans l’eau. Ce n’est donc pas très agréable pour le modèle… D’autant plus que ce procédé est encore plus long : il faut plusieurs couches de plâtre et on doit attendre que ce soit bien sec pour pouvoir couper et retirer le moule. Selon le tuto, il faut ensuite remplir de mousse en plusieurs couches. Quand la mousse est complètement durcie, on retire le moule en plâtre et on taille au besoin (on peut donc corriger les mesures ici). On coud de l’ouate dessus puis on réalise le patron d’une housse en jersey en faisant un moulage directement sur le mannequin.

Je vous avoue que je n’ai pas été au bout du processus. En fait, pour tout vous dire, j’ai carrément tourné de l’œil après presque 3h debout immobile quand Mamoureux a commencé à couper le moule pour me libérer… Autant vous dire que je lui ai fichu une trouille bleue ! Quant à moi, j’ai vraiment cru que j’allais y passer… 2e raté : mon moule était trop fin, il n’a pas résisté.

Inconvénients :
- La partie moulage est très désagréable : préparez-vous à rester debout immobile avec des bandes de plâtre mouillées qui dégoulinent de partout... Ce procédé dure vraiment longtemps : comptez au moins 2 ou 3h avant de pouvoir enlever le moule.
- C’est vraiment un projet de longue haleine mais si vous êtes motivées, le résultat est vraiment génial !

Mes conseils :
- Dans cet autre tuto, la fille met une bande papier Tesa sur les milieux devant et dos : ça fait une sorte de barrière qui vous permet de respirer plus facilement et surtout de retirer rapidement le moule si besoin (genre si vous tombez dans les pommes ;-) )
- Attention ! Prudence si vous décidez de couper le moule avec des ciseaux ! Le plâtre durci est épais et un accident est vite arrivé… Nous avons utilisé des ciseaux à bouts arrondis.
- Mettez bien plusieurs couches de plâtre partout sinon votre moule sera trop fragile une fois sec et risquera de se casser au démoulage. Procédez minutieusement du cou vers le bas car autant vous prévenir, blanc sur blanc, vous ne verrez plus où vous êtes déjà passé...

Tutos :  ce tuto incroyable et celui-ci pour l'idée de la "barrière" de scotch

Coût :
-            12 rouleaux de bandes platrées : 18€
-            3 bombes de mousse polyuréthane : 3 x 2,50€
-            À ajouter : tuyeau en pvc pour le pied, ouatine et tissu pour la housse

5. Coudre son mannequin
Au hasard de mes errances sur YouTube, je suis tombée sur cette vidéo et là, alléluia, j’avais enfin trouvé ce qu’il me fallait : un site internet qui vous fournit pour 24$ un patron personnalisé à vos mesures ! Il s’agit de www.bootstrapfashion.com (je n’ai aucune action : je suis juste tellement enthousiaste de partager avec vous cette trouvaille !)

Comment ? Vous devez rentrer vos mensurations et choisir votre type de posture, de cambrure,… en fonction d’images. Vous recevez votre patron en pdf (vous pouvez choisir le format d’impression : A4, A3, copyshop…). Un pas à pas en anglais vous guide pour chaque étape. Tout est illustré avec des photos. C’est vraiment très clair : ils vous disent même quand il faut cranter ou ouvrir les coutures. Il faut juste prendre son temps et être très minutieux. On ne le voit pas sur les photos mais on coud également un support interne où se glisse le tube qui sera fixé au pied. Il y a aussi des renforts en carton aux épaules et à la base. Une fois le tout cousu, vous rembourrez la housse avec de l’ouate pour coussin (j’ai utilisé deux sacs d’1kg et un vieux gros coussin) en vérifiant régulièrement les mensurations. Le tout se réalise vraiment sans aucun souci et le rendu est hyper pro.

Le seul inconvénient que j’ai trouvé, c’est que dans les mesures, ils ne demandent pas  la hauteur de hanches. Du coup, dans mon cas, elles devraient être plus basses. Je pense écrire au site pour leur suggérer cet ajout car c’est vraiment dommage… Quoiqu’il en soit, je suis absolument ravie du résultat !

Mes conseils :
- Bien prendre ses mesures est capital ! Pour choisir la posture la plus ressemblante, le mieux est de vous photographier et de comparer avec les schémas du site (on n’est pas toujours très objectif quand il s’agit de notre silhouette). Vous retrouverez  ce conseil et d’autres dans cet article d’une fille qui l’a elle aussi cousu.
-  Achetez votre rembourrage sur le net, c’est beaucoup moins cher.
- C’est un travail de précision : prenez le temps de reporter sur votre tissu les lignes de couture : ça
m’a été vraiment très utile pour coudre les courbes. Prenez votre temps et tout ira bien !
-  Je pense qu’il serait également bon de coudre les pièces avec un point renforcé. En effet, pour
obtenir un mannequin bien ferme, il faut mettre beaucoup de rembourrage et les coutures tirent donc
pas mal. Si votre tissu n’est pas très solide, il y a un risque qu’elles se déchirent.

Coût : 98,50€ (sans le patron et avec un rembourrage moins cher : 65,5 €)
-            Patron : 21 €
-            Tissu et entoilage : 34.5 €
-            2 zips : 2,50 €
-            Carton : 1€
-            3 sacs d’1kg de rembourrage : 3x11€
-            Tuyau pour pied : 6,50 €

Plutôt réaliste, non?
Alors, après toutes ces expériences, quelle est selon moi la meilleure option ? Sans hésitation, le mannequin cousu ! Néanmoins, je pense que si je dois un jour le refaire (eh oui, je ne désespère pas de retrouver ma ligne), je n’achèterai pas le patron Bootstrap mais je patronnerai mon corsage de base avec des découpes princesses et je demanderai à maman de l’ajuster sur moi. J’appliquerai ensuite exactement le même processus (support interne, cartons de renfort et rembourrage avec de la mousse pour coussin). Je pense que le résultat serait encore plus fidèle. Du coup, si vous vous en sentez capable, c’est cette méthode que je vous recommande ! Une fois qu’on a bien pris ses mesures, réaliser son patron de base n’est pas très compliqué : il suffit de bien suivre les étapes d’un livre comme celui de Teresa Gilewska (c’est celui que j’utilise).


Si vous êtes parvenues au bout de cet article-fleuve, bravo ! Je vous félicite ! J’espère qu’il vous a intéressées et motivées à vous lancer ! De mon côté, je suis tellement fière et heureuse de ce résultat si « propre ». J’envisage d’y ajouter un bras amovible ce qui peut être utile quand on a des bras bien enveloppés musclés (patron dispo sur le site Bootstrap Fashion ou ce tuto trouvé sur Pinterest). Je pense aussi qu’un jour, je tenterai peut-être le coup de coudre un mannequin pour pantalon (juste les jambes quoi) mais bon, j’ai eu ma dose d’expérimentations pour le moment !
Maintenant, à moi les ajustements !!!

Bon dimanche à vous !

À bientôt !

Mademoiselle M.

PS: juste pour que ce soit clair, aucun des liens présents dans cet article n'est sponsorisé.

14.3.17

Mon manteau bleu

Avant que le printemps ne soit installé pour de bon et que vous ne puissiez plus voir en peinture les vêtements chauds, je viens vous présenter enfin le manteau que j’ai terminé cet hiver… enfin car voyez-vous, ce manteau, je l’ai commencé non pas en 2016 mais au tout début 2015 ! À l’arrivée des beaux jours, il n’était pas terminé : il a donc trainé sur mon mannequin. L’hiver suivant, ma silhouette baleinesque ne m’aurait pas permis de le fermer (pas très utile en hiver, n’est-ce pas ?). Du coup, il s’est retrouvé relayé au rang de déco foireuse à côté de mon lit (mon atelier étant entre temps devenu la chambre de J….). Mais le 30 décembre, prise d’une envie de faire place nette (il faut croire que cet hiver aura été celui du rangement !), j’ai décidé qu’il ne ferait pas tapisserie une année de plus ! Il était alors dans cet état :
Mais revenons au commencement. Je rêvais alors d’un manteau bleu cintré avec une capuche et un zip sous patte. Il y avait alors peu de patrons qui remplissaient ce cahier des charges et comme d’habitude dans ces cas-là, j’ai foncé tête baissée dans mes burdas pour trouver un patron à adapter… Je suis donc partie sur le manteau 101 du numéro de septembre  2010. Pour être honnête avec vous, je ne me souviens plus si j’ai modifié le patron prévu à la base pour les petites statures mais je suppose que oui… Je pense aussi l’avoir raccourci… mais bon c’était il y a deux ans alors…
Les points qui m’ont donné le plus de fil à retordre sont la capuche, le zip sous patte et la doublure. La capuche étant un ajout, j’ai commencé par essayer de la patronner. Ca a donné ça :)
 L’essai n’étant, comme vous pouvez le voir, pas très concluant lol, j’ai cherché à adapter un patron existant dans mes autres magazines sans grand succès… Le résultat obtenu est correct mais je la trouve un peu courte devant : elle est donc plus décorative qu’utile en cas de pluie.

Le zip sous patte m’a aussi beaucoup fait réfléchir. Il n’était lui non plus pas prévu. J’ai eu beaucoup de mal à trouver des explications claires sur le net. Ce n’était vraiment pas très clair dans ma tête. J’ai fini par prendre exemple sur le blouson du commerce de J. : j’ai simplement mis mon zip sur le milieu devant et j’ai ensuite cousu par-dessus la patte pour le cacher. Pas très académique tout ça, si vous voulez mon avis ;)

Enfin, j’ai toujours du mal à visualiser comment coudre ensemble la veste et sa doublure. Il a aussi fallu recouper des parementures…
Côté détails, j’ai aussi ajouté une martingale dans le dos et un bord en côtes aux poignets pour éviter les courants d’air J
Pour les tissus, il s’agit d’un lainage bleu roi acheté en solde et d’une doublure matelassée pour avoir bien chaud (j’avais fait cela pour ce manteau que j’ai usé jusqu’à la corde tellement je l’adorais !)
Je suis très fière du résultat même si plusieurs points me chiffonnent :
  •           Le tissu bouloche atrocement… c’est vraiment dommage car la couleur est superbe !
  •          La capuche est trop petite.
  •           Je me sens un peu à l’étroit : j’ai choisi ma taille sans penser que j’allais ajouter une doublure (matelassée qui plus est…) Avec un pull fin, ça passe mais avec des hauts plus épais, je me sens un peu bonhomme M*chelin ! lol
  •          Les surplus de couture de la parementure se voient un peu… j’aurais probablement dû entoiler mes devants…

Mais bon, ce sont pour moi des détails car je suis très contente du rendu final, ajusté juste comme il faut et assez fidèle à l’idée que je m’en étais faite.

     Ce projet m’aura néanmoins appris que ce n’est vraiment pas une bonne idée de se lancer sans patron pour la réalisation d’une telle pièce. J’aurais préféré mille fois me laisser guider par des explications. C’est là le véritable plus des patrons indépendants. À refaire, je choisirais par exemple le Peppernoot Coat de Waffle patterns ou encore le Précieux de la Jolie girafe que je trouve vraiment joli. Pour une veste plus légère, le Kelly anorak me fait vraiment de l’œil d’autant plus que je connais la qualité des explications de Closet case! J’ai aussi décidé de ne plus jamais laisser inachevé un projet couture : quand on laisse 2 ans s’écouler, on oublie plein de trucs et c’est vraiment galère quand on veut s’y remettre…


      Et vous, avez-vous déjà eu des projets boulets ? Que pensez-vous de mon manteau ?
Très bonne semaine à vous !
Bises
Mademoiselle M.


Patron : manteau 101 du Burda 09/2010
Modifications : suppression des fronces, ajout d'une capuche, d'un zip sous patte et d'une doublure

5.3.17

Le grand tri

Cela faisait des mois (peut-être même des années) que ça me démangeait... Je l'ai enfin fait : LE grand tri dans ma garde-robe! 
Je ne sais pas si c'est l'après-grossesse ou la trentaine mais c'était devenu un besoin presque vital! Depuis un moment, je ne supportais plus mes fringues et chaque fois que j'ouvrais ma penderie plein à craquer pour m'habiller, c'est invariablement les fameux "j'ai rien à me mettre" qui me venait à l'esprit! Ma garde-robe regorge de vêtements trop petits, aux manches trop courtes, plus du tout en phase avec mes envies actuelles...
Bref, j'étais bien consciente que je devais le faire mais je vous avoue que le courage me manquait pour passer à l'action... Alors comme pour beaucoup d'autres choses je procrastinais...

Comment je m'y suis prise?
Et puis la semaine dernière, mon moral n'était pas très bon et j'avais besoin de faire quelque chose pour moi, de marquer le coup pour me reprendre en main. Alors je me suis enfin décidée. J'ai confié J. à ma maman et dès mon retour à la maison, suivant les conseils de Marie Kondo, auteure de "La magie du rangement", j'ai rassemblé toutes mes fringues sur mon lit (même celles du grenier, du linge sale, de la manne à repasser... absolument toutes!). Ainsi, plus question de me débiner : tout devait être trié et rangé avant l'heure d'aller me coucher. Pour me mettre un peu la pression, j'ai aussi posté une photo du tas sur Instagram histoire de rendre ça public! lol
J'ai ensuite continué selon la méthode Konmari en essayant tous mes vêtements un à un. Pour chacun, je m'observais attentivement comme si j'étais dans une cabine d'essayage et je me posais les questions suivantes : 
- est-ce que la taille est bonne? Les manches sont-elles suffisamment longues? Est-ce que le tissu ne tire pas au niveau de la poitrine?
- est-ce toujours en bon état?
- est-ce que je me sens jolie dedans?
- est-ce que j'ai encore envie de le porter?
Cette façon de procéder a été très efficace, très éclairante et tout simplement grisante! Une fois lancée, impossible de m'arrêter! Je voulais tout trier. Je me sentais libérée!
J'ai ainsi fait trois tas : un "on garde", un "peut-être/en sursis" et un "on donne". 
L'exercice a été beaucoup plus facile que je le pensais. Peut-être parce que je l'ai fait au bon moment? J'avais déjà essayé à plusieurs reprises mais j'avais du mal à me séparer de certains vêtements (notamment ceux que j'avais cousus). Je les gardais en sachant pertinemment que je ne les porterais plus jamais... Cette fois, non! J'ai donné tous les cadeaux, toutes les cousettes qui ne me plaisaient  ou ne m'allaient plus.

Ce que j'ai appris
J'ai appris beaucoup en faisant ainsi mon tri en une seule fois. J'ai notamment pu identifier les erreurs récurrentes que je faisais en faisant du shopping (prêt-à-porter ou tissus/patrons).
- Mauvais choix de couleurs
Il y a quelques années j'ai eu la chance de me faire offrir un atelier de colorimétrie. J'y ai découvert que vu ma carnation, la couleur de mes yeux et celle de mes cheveux, ce sont les tons froids qui me vont le mieux au teint. Les couleurs chaudes près de mon visage me donne mauvaise mine, l'air fatigué. Avant de savoir cela, je portais beaucoup de brun et de jaune moutarde... En réessayant ces vêtements, j'ai pu constater qu'ils ne me mettaient pas du tout en valeur et je m'en suis donc séparée sans aucun regret.
- Mauvais choix de taille
Comme beaucoup, je n'ai pas une taille standard : je suis grande (1m78), j'ai un long buste, de longs bras, j'ai de la poitrine, une taille marquée et des hanches plutôt larges. C'est donc très rare que les vêtements du prêt-à-porter m'aillent parfaitement. Mais la frustration est parfois telle dans les magasins que je finis quand même par acheter des pièces coup de cœur même si elles ne me vont pas... Résultat: j'ai constamment l'impression d'être habillée comme une plouc et je me trouve énorme... Bref, je me rends compte que procéder ainsi est vraiment bête. Je me fais la promesse de ne plus rien acheter ou me coudre qui ne soit pas à ma taille. Ronde ou fine, peu importe je crois, quand on porte des vêtements adaptés à notre taille et à notre morphologie, on "vaut cinq francs de plus" comme dirait ma maman et déjà on se sent immanquablement plus à l'aise.
- Mauvais choix de modèles
La mode est parfois à des modèles / des coupes  qui ne sont pas du tout adaptés à mes formes. C'est tentant de verser son obole sur l'autel du conformisme mais comme dit plus haut, si c'est pour porter des vêtements à la mode qui ne me vont pas du tout et me sentir comme un épouvantail, ça n'a pas de sens... Même chose pour les sorties de patrons...
- Pas de vision globale
C'est bien beau d'acheter  de jolies pièces mais si on a rien qui va avec, on se retrouve bête quand on veut les porter...

Vous voudriez vous y mettre? Pourquoi ne pas vous lancer vous aussi?
Rassemblez tous vos vêtements sans exception sur votre lit ou au sol, essayer les un à un en vous interrogeant sur leur taille, leur état,... Formez trois tas. Une fois le tri terminé, réessayez la pile "en sursis" et tranchez. Si vous avez peur d'avoir des regrets, vous pouvez aussi garder à part les vêtements pour lesquels vous hésitez. Si dans 6 mois ou un an vous ne les avez pas repêchés, c'est que vous pouvez vous en passer et que vous pouvez les donner.

Le cas des coutures home made
J'ai mis longtemps à m'en débarrasser mais cette fois, je les ai traitées comme mes vêtements du commerce.  Ces pièces sont sentimentales bien sûr. J'ai  longtemps conservé toutes mes coutures et tricots (même ceux que je considérais ratés) mais j'ai réalisé que les avoir dans un coin de mon armoire ne m'apportait rien. Si je souhaite y repenser, je peux les retrouver dans les archives du blog... Mais si vous êtes attachées à certains vêtements, ne vous prenez pas la tête et gardez-les à titre de souvenirs...


Et maintenant?
C'est bien beau d'avoir une garde-robe vide rangée : j'y vois plus clair. Voici mon plan d'attaque pour la regarnir de façon plus raisonnée:
1) faire une liste de ce qui manque pour compléter les tenues déjà présentes dans mon armoire.
2) faire un tableau d'inspiration pour voir vers quel style je souhaite aller en gardant en tête que ça doit coller avec ma silhouette et mon style de vie.
3) faire un état des lieux de mes patrons /tissus et planifier mes coutures. Dans cette optique, je trouve le projet "je couds ma garde-robe capsule 2017"de Clotilde très sympa mais de mon côté, je ne veux me mettre aucune pression niveau timing, ni en me forçant à coudre des pièces différentes. Je pense aussi essayer de trouver mon bonheur en boutiques mais en gardant toujours en tête mes 4 questions. Je voudrais vraiment être intransigeante là-dessus. 

Voilà, j'espère que cet article différent vous aura plu et vous donnera peut-être le courage de vous lancer :)

Petite remarque pratique pour terminer : plusieurs lectrices m'ont fait part de leur difficulté à laisser un commentaire... J'en suis vraiment désolée : je suis consciente du problème. Je regrette amèrement d'avoir installé Disqus. Je me retrouve dans l'impossibilité de retirer ce système de gestion des commentaires sans perdre tous les petits mots laissés sur mes précédents articles.. Je réfléchis à la possibilité d'ouvrir un nouveau blog mais je vous avoue avoir un pincement au cœur de devoir l'envisager...

J'espère revenir très vite avec de la couture!

Bon dimanche à toutes!

Mademoiselle M.

7.2.17

Petits chaussons en cuir


Il y a plus d'un an, alors que j'attendais J., le Père Noël m'a bien gâtée en m'offrant le livre d'Anne Walterthum, du blog Sweet Anything, "Petits souliers et grands chaussons". Une vraie pépite! Depuis que j'étais tombée sur ces petits chaussons en cuir colorés, je n'avais qu'une envie : en coudre pour mon petit loup. Mais bon en janvier 2016, j'étais enceinte jusqu'au cou et je roulais péniblement pour me déplacer :) hors de question alors de courir les rues à la recherche du cuir nécessaire à leur réalisation...

Source : instagram @nathalie_atelier292
C'est seulement en novembre que j'ai osé me lancer. À la veille d'une virée shopping tissus avec Nathalie du blog Atelier 292, j'ai trouvé que c'était une super occasion de tester le modèle le plus simple : j'ai donc réalisé deux paires identiques, une pour son petit bout, Emilio, et une pour mon petit amour. À peine terminés, ils ont été tout de suite adoptés : je n'ai pas pris le temps de les photographier mais vous pouvez apercevoir la paire d'Emilio ici.
Depuis J. n'a pratiquement porté que ça. Je trouve ce genre de chaussons parfaits à ce stade : ils protègent ses petits pieds du froid mieux que de simples chaussettes et maintenant que monsieur se lève et galope en se tenant aux meubles, leur semelle en cuir anti-déparante évite qu'il ne glisse. Ma pédiatre m'a aussi confirmé que des chaussons souples sont la meilleure option tant qu'il ne marche pas encore seul. Bref, dernièrement, il devenait urgent de remplacer sa première paire trop petite et plus très fraiche (la bave, les bouts de tartines,... les pauvres chaussons ont eu la vie dure lol). J'ai donc été contrainte et forcée de resortir mon précieux livre :) J'ai choisi cette fois le modèle doublé et le motif hibou un peu plus travaillé. Et une fois encore ça a été un véritable plaisir! J'ai été surexitée à chaque étape de leur réalisation :) Je trouve le résultat absolument craquant et maintenant cette deuxième paire terminée, je ne pense qu'à une chose : recommencer tant que J. ne peut pas me dire "non, Maman, je ne veux pas porter ça" :) 

Quelques précisions d'ordre pratique :
  • J'ai trouvé ces cuirs chez mon cordonnier : c'est LE bon plan pour trouver des chutes à prix très très raisonnable! Si vous êtes tentées, pourquoi ne pas demander au vôtre? 
  • J'ai utilisé ma machine habituelle : coudre du cuir ne lui a posé aucun souci (bien évidemment, pour des chaussons souples, il faut un cuir assez fin, pas plus de 1,2 mm selon l'auteure). Mon coordonnier (hé oui, vive les petits artisans qui vous conseillent comme personne!) m'a recommandé de ne pas utiliser une aiguille cuir mais une aiguille fine neuve et d'allonger mon point afin d'éviter que le cuir ne se déchire. En procédant ainsi, je n'ai rencontré aucun problème. Si vous trouvez que le cuir ne glisse pas bien sous le pied de biche, vous pouvez aussi utiliser un pied teflon ou encore coller un bout de scotch sous votre pied de biche...
  • Le patron des chaussons doublés ne commencant qu'au 36, j'ai adapté celui des petits cuirs en 20/21.

Points à améliorer pour mes prochaines versions : 
  • Les surpiqûres du motifs : j'ai eu du mal à piquer les arrondis. J'avais un peu l'impression de travailler à l'aveugle... je me concentre tellement sur l'arrondi que je n'arrive pas à garder une distance régulière entre l'aiguille et le bord du cuir. Il faudrait vraiment que je m'entraîne et pourquoi pas investir dans un pied guide. En avez-vous déjà testé? Il parait que ça permet d'obtenir des surpiqûres vraiment parfaites...
  • L'arrondi du devant : étant donné que les marges de couture sont apparentes à l'intérieur du chausson, je n'ai pas osé les cranter comme je le fais toujours pour obtenir un arrondi bien net... du coup, je ne vois pas trop comment je pourrais faire pour un résultat plus net... des idées?
Mon avis sur le livre :
Je vous recommande vivement ce petit bijou! 
  • Anne Walterthum y propose des modèles vraiment variés : chaussons simples comme ceux-ci, bottines, ballerines, mocassins,... il y a vraiment plus de choix que dans son premier livre "À petits pas" (je ne l'ai eu en main que très peu de temps il y a longtemps donc je ne suis plus trop sûre de ça). Cinq d'entre eux sont proposés du 18 au 21 et cinq autres vont du 36 au 41 (jusqu'au 43 pour les chaussons doublés). Il y a également en fin de livre pas mal de gabarits pour les motifs ainsi que les explications pour ajouter noeuds et franges. Bref, niveau modèles, je le trouve vraiment très complet mais je regrette que tous ne soient pas disponibles dans les petites pointures...
  • Du côté des motifs, ils semblent être proportionnés pour les grandes pointures du coup il faut les redimmensionner si on veut les utiliser pour des chaussons bébé... J'ai un peu tatonné en le faisant à la main mais je pense que ce serait facilement faisable avec une photocopieuse...
  • Les explications sont richement illustrées : j'ai trouvé que c'était un vrai plus car certains points ne me semblaient pas très clairs en lisant simplement le texte (mais c'est sûrement moi...)
Mais je pinaille, ces petits bémols n'en sont pas vraiment et je suis tout à fait ravie de ce cadeau! Je trouve que c'est un super projet pour démystifier la couture du cuir : j'ai adoré travailler cette matière (mmmm cette bonne odeur de chaussures neuves!) et je suis si fière du résultat obtenu! La première paire de J. a récolté pas mal de compliments : un copain pensait même que c'était des chaussons B*bux! Je n'ai rien laissé paraître mais intérieurement je faisais le paon! lol

Sur ce, je vous souhaite une excellente soirée! 
Et...bon, je sais qu'on est en février, mais je vous souhaite quand même plein de bonheur et de santé pour l'année à venir!

Bises bises

Mademoiselle M.

15.12.16

Ginger jeans

Chose promise, chose due ! Après deux semaines de folie (arf, mais c’est pas possible ! Où passe donc tout mon temps ?), je reviens vous présenter un peu de couture… et pas n’importe quelle couture : le Ginger jean !!!
Si vous me suivez depuis longtemps, vous vous souvenez peut-être que je n’en suis pas à mon coup d’essai en matière de jean : j’ai déjà tenté une version en toile non extensible (devenue trop petite depuis belle lurette), une version sur mesure ratée (patronage maison mais taille bien trop basse pour être décente) et enfin une version gros-bidou-compatible qui a été un véritable fiasco (même pas terminée). Bref, la quête du jeans parfait tourne chez moi à l’obsession !
Et pour cause : ma silhouette étant ce qu’elle est, trouver un jean qui m’aille dans le commerce relève du miracle. J’ai en effet une taille plutôt marquée (ou du moins c’était le cas avant l’arrivée d’un certain petit bouchon) et un popotin assez imposant (sur ce point au moins, je ne peux faire aucun reproche : rien n’a changé lol). Il y a donc une différence d’un ou deux tailles entre ma taille et mes hanches. Résultat : si je peux enfiler un jean et le fermer, il baille forcément dans le dos. Dans ce cas de figure, un seul mot d’ordre : « On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ! ». Mais bon stop, j’arrête ma complainte pour en venir au cœur du sujet.


Lors de leur sortie, j’ai eu un véritable coup de cœur pour les Birkin flares de Baste + Gather (la magnifique version de Pauline a d’ailleurs achevé de me convaincre). Mais alors que j’écumais le web avant de me décider à acheter le patron, je suis tombée par hasard sur la version flare du Gingerjean de Closet case files qui m’a tout de suite beaucoup plu aussi. Ce patron proposant plus de variations que le Birkin (droit, slim et flare en option), c’est sur lui que j’ai jeté mon dévolu. Et bien m’en a pris car c’est une véritable tuerie !!! Grâce à un e-book hyper complet et précis sur laconfection des jeans, Heather Lou, la créatrice, vous accompagne pas à pas dans la réalisation de THE jean parfait avec tous les détails qui font qu’on dirait un vrai (surpiqûres, rivets, coutures rabattues,…) Je n’ai pas suivi les explications du patron en lui-même mais cet e-book qui vaut clairement l’investissement si vous souhaitez un résultat optimal (non non c’est juré, je n’ai aucune action chez Closet case files : je suis juste complètement emballée quand je tombe sur un tel travail de précision). C’était la première fois que je cousais un modèle de cette marque et vu sa qualité, je suis certaine que ce ne sera pas la dernière.


Mais revenons à nos moutons… La version que je vous montre aujourd’hui est en fait mon deuxième Ginger. Si vous me suivez sur Instagram, vous vous souviendrez peut-être que ce jean est maudit ! Jugez plutôt… J’ai d’abord réalisé une première version trop petite… Tout était ma faute : j’avais surestimé l’élasticité de mon tissu, erreur impardonnable pour un jean ajusté et taille haute… Imaginez le drame, toutes ces précieuses heures de mon temps-libre de jeune maman perdues pour rien… (Quelle idée aussi de reprendre la couture post bébé avec un projet de cette ampleur !) Mais je ne me suis pas découragée pour autant : je présentais qu’une fois bien ajusté, ce pantalon serait parfait. Je l’ai donc recoupé une taille au dessus et cette fois, il était trop grand ! Encore une histoire d’élasticité… J’ai réussi à rattraper ça en le reprenant par les coutures côtés. Enfin, quand ma merveille a été terminée, j’ai foiré la pose de mes rivets… Alors que je fixais l’un deux sur le coin de la poche arrière, il a légèrement bougé. Or, un rivet mal placé, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. J’ai donc fait preuve de sang froid, retiré le rivet, réparé le trou laissé par lui et déplacé la poche pour cacher ces misères. Et là, enfin, ça y était : je l’avais mon jean parfait !!! Je n’en ai jamais possédé un qui me colle ainsi à la peau ! Rien ne baille à la taille (aucune modification n’a été faite à ce niveau… incroyable ! Quand je vous disais que ce patron est magique !)


J’ai choisi la version jambe droite : plus passe-partout que les flares (je n’envisage pas la version slim : avec des hanches comme les miennes c’est juste trop moche). J’aurais pu l’allonger de 3 ou 4 cm : il n’est pas trop court mais il est quand même limite (il faut dire que je suis plutôt grande aussi 1m78 !).


Inutile de vous dire à quel point je suis ravie du résultat. C’est bien simple depuis qu’il est terminé, je n’en porte plus aucun autre ! Il fait des allers-retours dans le machine à lessiver chaque semaine. Son tissu stretch est comme une seconde peau. Sa taille haute me permet de ne plus angoisser quand je m’assieds tout en restant confortable (elle est moins haute que celle du Safran de Deer & Doe). Tous ses détails font parfaitement illusion : on dirait un « vrai » et ça, ça me rend tellement fière !!!


Côté réalisation, absolument aucune difficulté : comme je l’ai dit plus haut, grâce à l’e-book tout se fait étape par étape sans la moindre anicroche. Il faut juste faire preuve de patience et de minutie surtout pour obtenir de belles surpiqûres bien régulières. Les miennes sont perfectibles : j’ai dû jouer avec la pression du pied de biche et la tension du fil pour obtenir de meilleurs résultats.


Mais trêves de bavardages, j’adore ce jean, vous l’aurez compris ! Ginger est LE patron de jean à tenter absolument ! Pour ma part, je ne manquerai pas de le coudre à nouveau en faisant quelques améliorations :
  • Peut-être un « full seat adjustement » : j’ai en effet l’impression que le volume de mes fesses fait redescendre la ceinture dans le dos…
  • Des surpiqûres plus régulières en allongeant peut-être le point
  • Un denim de meilleure qualité : celui-ci a déteint aux premiers lavages (je l’avais pourtant décati avant de coudre) et a fait quelques « marbrures » heureusement discrètes. Avez-vous des conseils pour éviter à un jean brut de déteindre et de marquer les plus du tissu au lavage ?


Pfiou je vous ai écrit une belle tartine… Alors, si vous êtes arrivées jusqu’ici, qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà cousu ce patron ou un autre de jean ?


Taille : 12 si je me souviens bien
Tissu : denim stretch de chez Chamick

PS : vous l’aurez remarqué, côté photos, je vous sers du réchauffé J Elles ont bien sûr été prises fin de l’été (Hé non point de microclimat en Belgique, rassurez-vous !) Mais remarquez mes efforts : point de plante verte en arrière-plan cette fois ! Quand je vous disais que je suis pleine de bonnes résolutions pour ce blog !!!

À bientôt ! Bises

Mademoiselle M.

28.11.16

Hello

Source image : Unsplash 
Hello la blogo !
Si tant est que quelqu’un passe encore me lire par ici…

Eh oui, j’ai récidivé : j’ai honteusement abandonné ce pauvre vieux blog ces 11 derniers mois. Mais voilà, avant de franchir le cap fatidique des 1 ans sans le moindre billet, je reviens vers vous timidement.

Pour être honnête, je ne sais pas trop si j’ai encore vraiment ma place sur la blogosphère. Tant de choses ont changé depuis ce 27 novembre 2008 où j’ai ouvert ce blog. Avec l’apparition des réseaux sociaux, les blogs ont été dans le creux de la vague ces dernières années. Certaines bloggeuses que j’aimais beaucoup ont peu à peu préféré ce format plus rapide pour partager leurs créas (une photo, un petit mot, quelques hashtags et hop, le tour est joué). Alors, aujourd’hui, prend-t-on encore le temps de lire des tartines sur telle ou telle réalisation couture ou tricot ? Eh bien, l’apparition de (très chouettes) nouveaux blogs créatifs ces derniers mois me laisse penser que oui, l’intérêt est toujours bel et bien présent. Pour moi comme pour beaucoup d’autres, je crois, aimer ou même commenter une photo sur Instagram ne remplacera jamais le plaisir de lire en détails un article de blog, d’y découvrir un vêtement sous toutes ses coutures, d’y retrouver le ton familier d’une bloggeuse qu’on a presque l’impression de connaître. Et puis de l’autre côté de l’écran aussi, c’est un plaisir tout différent que de créer et d’alimenter son petit bout de toile à son image. Mais loin de moi l’idée de critiquer les réseaux sociaux ! Après des années de résistance, j’ai fini par me créer un compte Instagram (si ça vous intéresse, retrouvez-moi sous le pseudo @bymademoisellem). Et quelle communauté riche j’y ai découvert ! Les échanges y sont tellement facilités ! Ca m’a réellement enthousiasmée ! Bref, pour moi, c’est clair : blogs et réseaux sont vraiment complémentaires…

Mais si j’ai longtemps hésité à revenir ici, c’est aussi parce que d’autres questions me trottaient dans la tête… La première, aurais-je assez de matière pour alimenter mon blog ? Comme vous vous en doutez, depuis mon dernier post, ma vie a de nouveau bien changé avec la naissance de mon petit garçon (je vous en parlerai peut-être dans un autre billet). Être maman est probablement l’activité la plus chronophage au monde ! Ajoutez à cela la reprise de mon job, vous comprendrez à quel point le temps me manque pour coudre, tricoter et bricoler… Mais à force de voir des mamans bloggeuses plutôt prolifiques, j’ai décidé que je ne devais pas attendre de « trouver » le temps pour me faire plaisir mais le « prendre ». Il y aura toujours des corvées à faire à la maison et je serai toujours la maman d’un petit bouchon. Bref, si je ne m’accorde pas des parenthèses, le rythme effréné de ma vie ne me les donnera sûrement pas ! Alors voilà, revenir écrire sur ce blog, c’est d’abord un engagement que je prends avec moi-même : celui de prendre du temps pour moi, chaque semaine, pour faire ce qui me rend heureuse : coudre !

Je me demande aussi souvent si ce que je vous propose ici est à la hauteur de ce que l’on trouve désormais sur d’autres blogs couture… Je trouve que beaucoup d’entre eux mettent vraiment la barre très haut avec une présentation quasi professionnelle : je ne vous cache pas que je bave d’envie sur la qualité de leurs photos (en extérieur, pleines de lumière et de jolis flous) et leur design épuré. Ce n’est pas nouveau, je suis assez frustrée de la piètre qualité de mes photos mais bon, je n’ai pas la chance d’avoir un amoureux talentueux à ce niveau-là (on ne peut pas tout avoir, n’est-ce pas ? ;-))et ma timidité rend les séances photos en extérieur compliquées (je me sens tellement bête et je ne peux m’empêcher de penser que les gens doivent se demander ce que je fous). Bref, là aussi, je reviens pleine de bonne volonté : j’ai décidé d’essayer d’améliorer tout ça en investissant d’abord dans du matériel de meilleure qualité me permettant de me débrouiller toute seule pour faire mes photos et en travaillant aussi un peu sur moi-même : j’en ai assez de ce manque de confiance que je traîne depuis l’adolescence… Pour la trentaine (eh oui j’ai passé ce cap en septembre), je ne veux plus m’excuser d’être moi-même. D’ailleurs, si vous aussi vous êtes trop dures avec vous-même : STOP car si on ne s’estime pas soi-même, les filles, qui pourrait le faire à notre place ? On n’est pas moins bien que les autres, non di djap ! :) Il faut juste faire l’effort de remarquer nos forces plutôt que de toujours nous concentrer sur nos défauts.

Dernier point qui me turlupine : est-ce que les projets que je vous présenterai vous intéresseront toujours ? En effet, je ne couds quasiment jamais les derniers patrons à la mode. Pas spécialement parce qu’ils ne me plaisent pas mais surtout parce que je me sens plutôt étouffée par la frénésie qui accompagne leur sortie. Sans vouloir critiquer, on dirait parfois que c’est la course à qui les coudra en premier peu importe les différences de styles ou de morphologies. Personnellement, je n’ai pas envie de rentrer dans ce jeu-là. Au risque de me faire lyncher, quand un modèle me plait que ce soit un patron indépendant ou un vêtement du prêt-à-porter, je me demande d’abord s’il m’irait et conviendrait à mon style de vie (quel intérêt de me coudre des robes habillées alors qu’elles ne sortent quasiment jamais de mon placard ?). Ensuite, avant d’acheter le patron, je vérifie d’abord mon stock impressionnant de Burda pour voir si je ne trouve rien d’approchant ou que je pourrais bidouiller pour un résultat similaire… Alors, oui, certaines diront peut-être que ce n’est pas très sympa de pomper ainsi les bonnes idées sans forcément acheter les patrons des créatrices mais bon, je ne sais pas vous, mais moi, mon budget ne me permet pas de suivre toutes ces sorties et surtout ce qui fait mon plaisir, c’est de justement de savoir qu’en sachant coudre, je peux combiner différents patrons pour faire tout ce que je veux ! C’est la liberté absolue ! Quand j’essaie un vêtement en boutique, je regarde comment il est fait et je me délecte de réfléchir à comment je pourrais m’y prendre pour le copier. Pourquoi devrais-je fonctionner différemment avec les patrons indépendants ? Je ne veux pas m’interdire de coudre quoique ce soit au nom d’une quelconque loyauté envers des créatrices même si je respecte tout le travail qu’il y a derrière l’élaboration d’un nouveau patron…

Bref, j’espère que cette tartine ne vous aura pas trop saoulées ;-). Je ressentais juste le besoin de partager avec vous tout ce qui fait que j’ai longtemps hésité à revenir écrire ici. Partagez-vous certaines de ces préoccupations ? Quoiqu’il en soit, je suis heureuse de vous retrouver (en espérant que vous serez au rendez-vous) et j’espère de tout cœur que cette fois, je tiendrai toutes les promesses que je me suis faites et que je n’abandonnerai pas trop vite cette bulle d’oxygène dans le quotidien qu’est ce cher vieux blogs…

Je vous dis à très vite pour de la couture, de la couture et un tout petit peu de tricot aussi :-)
Bises à toutes (et tous)


Mademoiselle M.